Deux hommes et un couffin

Fabien et Estéban, heureux papas du petit Valentin, âgé de 2 semaines

Devenir pères quand on est un couple homosexuel, peu osait y penser il y a quelques années. Aujourd’hui, cet espoir est devenu réalité pour ces deux papas du Maine-et-Loire. Mais entre le choix de la mère porteuse, celui de la donneuse d’ovocytes et le labyrinthe administratif, mieux vaut se préparer à un parcours du combattant.

Une histoire d’amour

Couple homosexuel

« Deux papas fiers », c’est ainsi que Fabien et Estéban ont annoncé, via Internet, la nouvelle à leurs proches. Fiers de leur petit garçon bien sûr, et fiers aussi d’être parvenus à réaliser un rêve auquel ils s’accrochent depuis de nombreux mois.

Marié en début d’année à Angers, le couple a souhaité aller plus loin qu’une simple union. « Quand nous avons réalisé qu’il s’agissait d’une véritable histoire d’amour, que l’on était en train de construire une famille, on s’est dit que ce qui manquait à notre bonheur, c’était un enfant », confie Estéban. Depuis toujours, ce jeune homme d’origine brésilienne « rêvait d’avoir sa propre famille ». « C’est quelque chose de très important dans notre culture. Mais quand j’ai accepté mon homosexualité, j’ai pensé que c’était incompatible avec le fait de devenir père ».

Le recours à la GPA

Pour concrétiser ce rêve, le couple a envisagé toutes les solutions possibles. L’adoption ? « C’était une option, mais dans notre région, le nombre d’enfants adoptés est très faible. Même si nous avions un agrément, ce serait trop compliqué et trop long. Il faudrait sans doute attendre entre 5 et 7 ans. Nous avons lu aussi beaucoup d’articles sur Internet et aussi suivi "intended parents", un site Internet qui, comme il l’indique, "aide à créer aujourd’hui les familles demain" ».

Au fil de ses recherches, le couple s’est finalement orienté sur la possibilité de faire appel à une mère porteuse, la fameuse GPA (Gestation Pour Autrui) qui a tant fait débat au moment du projet de loi sur le « Mariage Pour Tous » de Christiane Taubira.

Les enfants nés par GPA enfin reconnus

Le 3 juillet 2013, la Cour de Cassation a validé l’inscription à l’Etat-cival français des enfants nés par GPA (Gestation Pour Autrui), interdite en France. Cette décision était très attendue par les parents de ces enfants nés par l’intermédiaire de mères porteuses. Elle fait suite à un autre évènement clé dans le combat mené depuis des années par les homosexuels : à savoir la loi dite du « Mariage Pour Tous », qui a ouvert le mariage civil et l’adoption aux couples gays et lesbiens.

Si le mariage civil homosexuel a permis à de nombreux couples de s’unir, le droit à l’adoption, lui, est quasiment impossible dans la pratique, du fait du très faible nombre d’agréments délivrés aux couples, hétéros inclus.

Des démarches d’adoption simplifiées

Katmandou

Le Népal étant l’un des rares pays à accepter une gestation pour autrui pour les couples homosexuels, Fabien et Estéban se sont rendus en Asie pour entamer les démarches et on fait appel à une donneuse d’ovocytes d’Afrique du Sud. Un parcours du combattant, un véritable investissement aussi pour financer les dons d’ovocytes et dédommager la mère porteuse, mais un pari qui a porté ses fruits.

Le 8 août, le petit Valentin est né dans une clinique de Katmandou, en présence de ses deux papas, qui ont fait de nouveau le voyage pour ne pas manquer l’accouchement. Deux papas fiers et prêts à assumer cette nouvelle vie sans se soucier du regard des autres.

« Depuis toujours, nous sommes entourés de gens tolérants ». Leur seul souhait : que les démarches soient facilitées, notamment en termes d’adoption. Mais aussi une reconnaissance de la GPA, avec la possibilité de recourir à des mères porteuses.

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