Vivre en couple

Le traditionnel repas de la fête des mères n’est plus ce qu’il était. La famille nucléaire, avec le papa, la maman et les enfants bien sous tout rapport, a bel et bien explosé ces dernières années. Aujourd’hui on parle du « mec » de sa mère, de son « demi-frère » ou du couple de copines homos qui vient d’avoir sa deuxième fille. La famille « moderne » envoie valser les schémas ancestraux pour mieux dépoussiérer les mentalités et inciter à plus de tolérance. Alors comment va la famille ? Elle va très bien, merci !

Grossesse : limiter les fuites

Encore taboues, les fuites urinaires durant la grossesse et les mois suivant la naissance concernent une femme sur trois. En cause, notamment, les bouleversements hormonaux mais aussi l’accouchement. On prévient.
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Homosexuel(le) et alors ?

Coutume, éducation, tradition, milieu de vie font ce que sont nos convictions, nos croyances et nos valeurs. Aimer une personne du même sexe soulève de vraies questions dans notre société, où le rejet de l’homosexualité se nourrit de préjugés et de stéréotypes qui puisent leurs origines dans l’idée que l’hétérosexualité est la seule norme de référence.

A l’adolescence, on se cherche

Le corps change et on doit composer avec des montées d’hormones. Alors qu’on devient de jeunes adultes, c’est le feu d’artifice entre le corps et l’esprit. Les questions identitaires se bousculent dans notre tête, on cherche tant bien que mal à savoir qui on est. Et cerise sur le gâteau : les questions varient d’un ado à l’autre.

Deux homos

A cet âge-là, il est souvent difficile de savoir ce que l’on veut vraiment. C’est un âge où l’on est très proche de son/sa meilleur(e) ami(e). De 15 ans à 20 ans, on vit des histoires d’amour, non sexuelles avec son/sa meilleur(e) pote. Cette relation est très souvent fusionnelle au point que parfois, on peut – ou pas – avoir des envies d’aller plus loin. Néanmoins, avoir une attirance, n’équivaut pas à être homosexuel(le). Pour certains ados, ressentir une envie pour une personne du même sexe et l’assouvir – ou pas – restera une expérience. Pour d’autres, ça confirmera un penchant.

On est hétéro ou homo… à vie

En matière de sexualité, rien n’est jamais figé. On a tous des critères, des préférences et des pratiques sexuelles qui peuvent évoluer dans le temps. L’homosexualité sera une évidence pour certain(e)s dès le début de leurs relations. Pour d’autres, elle sera vécue après un cheminement de vie, après une relation hétérosexuelle qui peut même se concrétiser par un ou plusieurs enfants. Enfin, il y a aussi celles et ceux qui alterneront, selon les rencontres, les relations hétérosexuelles. C’est ce qu’on appelle la bisexualité.

Etre homo, c’est s’adonner à une sexualité « perverse »

La sodomie n’est pas systématique chez les homos de même que chez les hétéros ! Les caresses, les préliminaires et les baisers ne sont pas réservés aux hétérosexuel(le)s ! Ce sont avant tout deux personnes qui vont se rencontrer, nouer une histoire et tomber amoureux. Que ce soient entre hétérosexuels ou homosexuel(le)s, il n’y a pas de normes dans les pratiques sexuelles à partir du moment où les deux partenaires sont consentants.

L’homosexualité n’est pas contagieuse !

Drapeau lgbt

Fabrice, 16 ans, ne s’en cache pas : « Si mon pote était gay, je ne lui parlerais plus. J’aurais trop peur qu’il me saute dessus. ». Stop ! L’homosexualité n’est pas contagieuse. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas un virus ! On arrête donc d’imaginer que les homosexuel(le)s ont envie d’attraper tous les hommes/femmes qui passent devant eux/elles. Les hétéros ne sautent pas sur chaque fille/garçon ! C’est pareil pour les homosexuel(le)s.

Pourquoi c’est si difficile d’en parler ?

En général, il n’est pas évident d’avouer son homosexualité à ses ami(e)s car on craint leur jugement souvent incisif et peu tolérant. Un jeune adulte a besoin de s’affirmer dans un groupe en tant que femme ou homme. En disant son homosexualité, on affiche sa différence au sein d’un groupe qui peut se montrer très dur et utiliser des quolibets ou des insultes qu’on n’a pas forcément envie d’entendre.

C’est la faute de personne

Oser en parler à sa famille est encore plus difficile. C’est d’ailleurs l’étape la plus redoutée. Dans certaines sociétés, l’homosexualité n’est pas taboue, elle est même très bien acceptée. Dans d’autres, a contrario, les jeunes sont rejetés, parfois battus.

Les parents se remettent en cause de même que l’éducation qu’ils ont pu prodiguer car ils ne peuvent exprimer leur désarroi face à un choix de sexualité qu’ils appréhendent pour leurs enfants.

Si cela semble trop dur, voire impossible d’aborder le sujet, que des questions restent sans réponse, mieux vaut se tourner vers des associations qui permettront de briser le silence, de s’exprimer et de partager son expérience avec d’autres jeunes.

 

Crédits photos :
- Couple gay : Par Torsten Seiler from Cologne, Germany (Savv on flickr.com) — www.flickr.com, CC BY-SA 2.0
- Drapeau LGBT : Par Onanymous — Travail personnel, CC BY 3.0
 

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Deux hommes et un couffin

Fabien et Estéban, heureux papas du petit Valentin, âgé de 2 semaines

Devenir pères quand on est un couple homosexuel, peu osait y penser il y a quelques années. Aujourd’hui, cet espoir est devenu réalité pour ces deux papas du Maine-et-Loire. Mais entre le choix de la mère porteuse, celui de la donneuse d’ovocytes et le labyrinthe administratif, mieux vaut se préparer à un parcours du combattant.

Une histoire d’amour

Couple homosexuel

« Deux papas fiers », c’est ainsi que Fabien et Estéban ont annoncé, via Internet, la nouvelle à leurs proches. Fiers de leur petit garçon bien sûr, et fiers aussi d’être parvenus à réaliser un rêve auquel ils s’accrochent depuis de nombreux mois.

Marié en début d’année à Angers, le couple a souhaité aller plus loin qu’une simple union. « Quand nous avons réalisé qu’il s’agissait d’une véritable histoire d’amour, que l’on était en train de construire une famille, on s’est dit que ce qui manquait à notre bonheur, c’était un enfant », confie Estéban. Depuis toujours, ce jeune homme d’origine brésilienne « rêvait d’avoir sa propre famille ». « C’est quelque chose de très important dans notre culture. Mais quand j’ai accepté mon homosexualité, j’ai pensé que c’était incompatible avec le fait de devenir père ».

Le recours à la GPA

Pour concrétiser ce rêve, le couple a envisagé toutes les solutions possibles. L’adoption ? « C’était une option, mais dans notre région, le nombre d’enfants adoptés est très faible. Même si nous avions un agrément, ce serait trop compliqué et trop long. Il faudrait sans doute attendre entre 5 et 7 ans. Nous avons lu aussi beaucoup d’articles sur Internet et aussi suivi "intended parents", un site Internet qui, comme il l’indique, "aide à créer aujourd’hui les familles demain" ».

Au fil de ses recherches, le couple s’est finalement orienté sur la possibilité de faire appel à une mère porteuse, la fameuse GPA (Gestation Pour Autrui) qui a tant fait débat au moment du projet de loi sur le « Mariage Pour Tous » de Christiane Taubira.

Les enfants nés par GPA enfin reconnus

Le 3 juillet 2013, la Cour de Cassation a validé l’inscription à l’Etat-cival français des enfants nés par GPA (Gestation Pour Autrui), interdite en France. Cette décision était très attendue par les parents de ces enfants nés par l’intermédiaire de mères porteuses. Elle fait suite à un autre évènement clé dans le combat mené depuis des années par les homosexuels : à savoir la loi dite du « Mariage Pour Tous », qui a ouvert le mariage civil et l’adoption aux couples gays et lesbiens.

Si le mariage civil homosexuel a permis à de nombreux couples de s’unir, le droit à l’adoption, lui, est quasiment impossible dans la pratique, du fait du très faible nombre d’agréments délivrés aux couples, hétéros inclus.

Des démarches d’adoption simplifiées

Katmandou

Le Népal étant l’un des rares pays à accepter une gestation pour autrui pour les couples homosexuels, Fabien et Estéban se sont rendus en Asie pour entamer les démarches et on fait appel à une donneuse d’ovocytes d’Afrique du Sud. Un parcours du combattant, un véritable investissement aussi pour financer les dons d’ovocytes et dédommager la mère porteuse, mais un pari qui a porté ses fruits.

Le 8 août, le petit Valentin est né dans une clinique de Katmandou, en présence de ses deux papas, qui ont fait de nouveau le voyage pour ne pas manquer l’accouchement. Deux papas fiers et prêts à assumer cette nouvelle vie sans se soucier du regard des autres.

« Depuis toujours, nous sommes entourés de gens tolérants ». Leur seul souhait : que les démarches soient facilitées, notamment en termes d’adoption. Mais aussi une reconnaissance de la GPA, avec la possibilité de recourir à des mères porteuses.

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