Je suis le mari de la banquière !

L’égalité des sexes a beau faire son chemin, les hommes prêts à se consacrer à leur famille pendant que Madame travaille ne sont pas légion. Un sacrifice ? Pas pour Stéphane, père au foyer de trois enfants et heureux de l’être.

Famille unie

Le congé parental d’éducation, c’est quoi ?

Outre les 16 semaines de congés maternité, la loi en France permet d’interrompre ou de réduire son activité professionnelle, que l’on soit le père ou la mère. Elle offre une indemnité compensatoire à hauteur de 390 euros par mois pendant un an, renouvelable deux fois.

Actuellement, seuls 3% des pères le prennent. Une question de motivation sans doute mais aussi l’inégalité des salaires qui poussent les mamans à se mettre en stand-by professionnel plus facilement que leurs conjoints.

Suite à une réforme du dispositif, le gouvernement français espères qu’ils seront 20% d’hommes à opter pour le congé parental d’ici 2017.

Des cas très minoritaires

Dans le jargon médiatique, on les appelle les « PàF », les pères au foyer. Un terme « in » pour parler de ces nouveaux papas qui ont fait le choix de quitter la vie active pour s’occuper de leurs enfants.

On se dit qu’avec l’évolution des mœurs et l’émancipation des femmes, ils ne sont plus si rares que ça. Et pourtant, trouver le témoignage d’un père au foyer pour cet article n’a pas été une mince affaire, on vous le dit !

En France, cette tendance est ultra-minoritaire : les pères ne représentent guère plus de 3% des parents au foyer. Ce papa en or, on l’a trouvé dans la périphérie de Rouen, où il vit depuis bientôt quatre ans avec sa femme et leurs 3 enfants de 8 ans, 6 ans… et 16 jours.

Le travail : un statut social

Juriste de formation, Stéphane a mis plusieurs fois sa carrière professionnelle entre parenthèses au profit de sa famille. Il a testé le fameux congé parental. « Cela ne me dérange pas de mettre la main à la pâte. Et je suis pour l’égalité des sexes. Avec ma femme, on s’est toujours dit qu’on devait faire nos choix en fonction de qui était le plus efficace pour telle ou telle partie ».

Avec une épouse banquière, et donc un salaire plus conséquent, la question visant à savoir qui travaille a vite été tranchée. « Beaucoup de gens attachent de l’importance à leur vie professionnelle pour l’aspect social qu’elle implique. On dit souvent que l’on est ce qu’on fait ! Mais, pour bien connaître le monde du travail, je sais qu’être à la maison, finalement, ce n’est pas si mal non plus ».

Une situation familiale encore incomprise

Pere et enfants

Certes, effectuer les tâches ménagères, pendant que tout le reste de la petite famille vaque à ses occupations, n’est pas hyper épanouissant. Et pour enfoncer le clou, « comme tu demandes à tout le monde de faire attention au rangement, tu passes pour le mec pénible ». Mais Stéphane est plutôt du genre à voir la vie du bon côté.

Passer le balai, c’est aussi s’offrir gratis « une petite séance de sport ». Bien sans ses baskets, ce papa quadra ne se préoccupe guère du qu’en-dira-t-on. « Pour les gens, je suis le mari de la banquière mais j’en rigole. Au niveau de l’ego, ça ne me dérange pas du tout. J’ai fait de la danse classique dans ma jeunesse, être regardé différemment par les autres, j’ai l’habitude. Quand les gens demandent ce que je fais dans la vie, c’est parfois pour ma compagne que c’est moins évident. Les schémas familiaux sont assez bien établis et ancrés. Que le papa reste à la maison, sans activité, ça la titille un peu. Mais au niveau de la sphère familiale, cette situation offre un plus indéniable. On a le temps de profiter ensemble de nos weekends ».

Crédits photos :
- Par PANMED — Travail personnel, CC BY-SA 4.0
- Par Virginia State Parks staff — Learning new skillsUploaded by AlbertHerring, CC BY 2.0

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